11 U.S.C. Section 362 - Sursis automatique

Guide en français clair sur le sursis automatique (automatic stay) : ce qu'il arrête, ce qu'il n'arrête pas, le fonctionnement de la mainlevée et les conséquences des violations délibérées.

Qu'est-ce que la Section 362 ?

La Section 362 du Titre 11 du Code des États-Unis institue le sursis automatique (automatic stay), l'une des dispositions les plus importantes du Bankruptcy Code. Dès qu'une requête est déposée au titre des Chapters 7, 11, 12 ou 13, le sursis naît de plein droit et arrête pratiquement toute activité de recouvrement, action en justice, saisie immobilière, reprise de biens, saisie sur salaire et procédure administrative dirigée contre le débiteur ou contre des biens de la masse de la faillite.

Le sursis n'est pas discrétionnaire et n'exige aucune ordonnance ni avis préalable. Il lie les créanciers à l'instant où la requête est inscrite au rôle, avant même qu'ils ne reçoivent une notification officielle du tribunal. Sa finalité est d'accorder au débiteur un temps de répit et de préserver la masse en vue d'une distribution ordonnée entre les créanciers.

Citation officielle : 11 U.S.C. § 362

Portée du sursis : Section 362(a)

La Section 362(a) énumère huit catégories d'actes faisant l'objet du sursis dès le dépôt de la requête. Les plus fréquemment invoquées sont :

Exceptions : Section 362(b)

La Section 362(b) énumère plus d'une vingtaine d'exceptions au sursis automatique. Parmi les plus fréquemment rencontrées :

L'exception relative aux pouvoirs de police et de réglementation prévue à la 362(b)(4) fait l'objet d'une jurisprudence abondante. Le critère dominant distingue les actions gouvernementales visant à protéger la santé, la sécurité et le bien-être publics (non visées par le sursis) et celles principalement destinées à protéger un intérêt patrimonial de l'État (visées par le sursis).

Durée du sursis : Section 362(c)

En vertu de la Section 362(c)(1), le sursis frappant un acte dirigé contre des biens de la masse perdure jusqu'à ce que le bien cesse d'en faire partie. En vertu de la Section 362(c)(2), le sursis frappant un acte dirigé contre le débiteur (ou contre des biens du débiteur) perdure jusqu'à la plus précoce des trois échéances : clôture de l'affaire, rejet ou prononcé de la libération de dettes (discharge).

Les Sections 362(c)(3) et 362(c)(4) imposent des restrictions importantes aux dépôts répétés. Si une affaire antérieure du débiteur a été rejetée au cours de l'année précédente, le sursis prend fin 30 jours après le dépôt, sauf prorogation sur requête (362(c)(3)). Si deux affaires antérieures ou plus ont été rejetées dans l'année, aucun sursis ne naît, sauf imposition par le tribunal sur requête (362(c)(4)).

Mainlevée du sursis : Section 362(d)

Une partie intéressée (party in interest) peut solliciter la mainlevée du sursis en vertu de la Section 362(d). Le tribunal « accordera » (shall grant relief) la mainlevée sur l'un des quatre fondements suivants :

L'audience sur une requête en mainlevée doit s'achever dans les 30 jours en vertu de la Section 362(e)(1), faute de quoi le sursis prend fin de plein droit à l'égard du requérant. Ce délai de 30 jours peut être prorogé par accord ou par le tribunal pour motif valable.

Conséquences des violations : Section 362(k)

La Section 362(k)(1) dispose qu'une personne physique lésée par une violation délibérée du sursis recouvre des dommages-intérêts réels, y compris les frais et honoraires d'avocat, et peut, dans certaines circonstances, obtenir des dommages-intérêts punitifs. Une violation est « délibérée » (willful) dès lors que le créancier connaissait le sursis et que les actes accomplis étaient intentionnels, indépendamment de toute intention de violer le sursis lui-même.

Les violations courantes comprennent la poursuite d'une saisie sur salaire après notification, le refus de restituer une garantie saisie, les appels de recouvrement postérieurs à la requête et la poursuite de procédures judiciaires antérieures à la requête. Les tribunaux ont constamment jugé que les créanciers ont une obligation affirmative de cesser toute activité de recouvrement et de prendre des mesures positives pour défaire les actes de recouvrement antérieurs lorsqu'ils sont avisés de la faillite.

Remarque pratique : Un créancier qui apprend le dépôt d'une faillite doit immédiatement suspendre toute activité de recouvrement, donner instruction à ses agents de faire de même et lever toute saisie ou blocage. Le défaut d'agir promptement est une source fréquente de condamnation à dommages-intérêts au titre de la Section 362(k).

Sections connexes du Bankruptcy Code

Le sursis automatique s'articule avec plusieurs autres dispositions :

Les Federal Rules of Bankruptcy Procedure 4001 (mainlevée) et 9014 (matières contentieuses) régissent la mécanique procédurale des requêtes relatives au sursis.